jeudi 24 août 2017
Rage - Orianne Charpentier
Résumé :
RAGE... C'est le surnom que son amie lui a donné.
C'est désormais ainsi qu''elle se nomme, pour oublier son prénom, ce nom d'avant, celui de son enfance, d'avant l'exil, la déchirure. Son pays d'origine, on ne le connaîtra pas.
Il nous suffit de deviner que Rage a eu affaire à la violence des hommes, de la guerre. Et voilà réfugiée en France, sans plus de repères, ni de famille. Telle une bête traquée, elle se méfie de tous. Mais un soir, sa route croise celle d'un chien - dangereux, blessé, visiblement maltraité. Désormais, sa propre survie passe par celle de l'animal..
T'en as pensé quoi ? Avec un sujet très difficile, l'auteure a réussi à le situer dans une temporalité et un cadre qui pourra parler aux adolescents et aux plus grands.
Avec des repères sociaux qui leur parleront comme un chien, une amie fidèle et très proche - comme une sœur -, une fête dans un endroit qu'on ne connaît pas, des gens qu'on vient de rencontrer mais avec qui, à cause des événements vécus ensemble, on se retrouve à partager des choses très fortes et à vivre intensément la situation, l'auteure a construit un récit qui permet de rentrer tout de suite dans l'histoire et d'avoir envie de suivre l'histoire. A tel point que les 104 pages du récit défilent toutes seules sans qu'on repose le livre.
La temporalité employée : une soirée, une nuit, jusqu'au lendemain matin permettent également de cadrer parfaitement le récit, on est avec eux, et les différents éléments employés ( la soirée, la lumière qui baisse, l'ambiance particulière d'une clinique, les néons, la lumière qui se lève le lendemain matin..) cadrent et rythment le récit. On est accrochés avec ce laps de temps très resserré, on sait que tout cela se passe en très peu de temps, et ça contribue au fait de ne pas lâcher ce livre.
Ne pas en savoir trop sur le personnage de Rage permet au lecteur de construire sa propre histoire, peut-être au jeune lecteur de se protéger, ne pas trop en savoir permet peut-être d'omettre certains détails qu'un esprit d'adulte aura déjà vu dans des reportages. Elle reste une jeune fille, il conviendra peut-être aux adultes dans l'entourage du jeune lecteur de compléter cette lecture par une discussion autour de la thématique des mineurs isolés et plus largement de la guerre, des mariages forcés et des enfants migrants.
Je recommande vivement ce livre qui est, pour moi, une petite pépite courte et incisive.
RAGE
Orianne Charpentier
104 pages
Gallimard Jeunesse
mardi 15 août 2017
L’île aux mensonges
Résumé : Faith Sunderly, 14 ans, est la fille d'un révérend et éminent naturaliste. Accusé d'avoir trompé la communauté scientifique, il part s'exiler avec sa famille sur une île au large des côtes anglaises. Mais les rumeurs l'accablent et bientôt il est retrouvé mort. Suicide déshonorant comme le fait croire la respectable société victorienne ? Ou assassinat, comme en est persuadée sa fille ? Avec son insatiable curiosité, Faith mène seule son enquête, qui l'entraine de révélations en secrets précieusement dissimulés. Elle est prête à défier toutes les convenances sociales pour faire surgir la vérité. Mais cette vérité pourrait se révéler dangereuse....
T'en as pensé quoi ?
Quoi de plus agréable quand on commence un livre en se disant juste qu'on va passer un bon moment d'en ressortir surprise, étonnée par notre lecture ? Ce fût mon cas ici !
J'en avais entendu parler comme d'un petit "polar" jeunesse, féministe, sans prétention.
Je l'ai trouvé très bien écrit, avec des thématiques fortes, une enquête qui ne nous lâche pas. On s'identifie tout de suite aux personnages, les décors sont très bien décrits, la galerie de personnage est vraiment qualitative et avec peu de clichés.
L'enquête est surprenante, on ne pensait pas être entraînés dans ce genre d'histoire, et j'ai trouvé certaines décisions et certains "états" dans lequel se met le personnage principal ^plutôt surprenants pour un roman "jeunesse". De même que l'acharnement du personnage principal pour découvrir la vérité, bien que touchant et bien décrit (on a envie d'être à ses côtés, de l'encourager, de l'aider) peut surprendre et on aurait envie de dire à un jeune lecteur que c'est très honorable, mais qu'en vrai il faudrait peut être en parler avec un adulte. (Comment ça, j'ai un côté mère poule ?)
Bref, voilà un livre que j'aurai aimé lire quand j'avais 14 ans, que je m'ennuyais dans mon quotidien sans relief. Ici on s'évade, on s'interroge, on élabore des théories, on est à fond dans l'histoire, et ça fait du bien.
Le style employé est classique, on ne prendra pas le jeune lecteur pour un idiot, et on interrogera même les lectrices avec le statut du féminisme au 19ème Siècle.
Car oui le féminisme y tient une grande place ! Le personnage principal, une jeune fille dont on évoquera le fait qu'elle devrait bientôt se marier, avec une dot, pour avoir une situation, ne l'entend pas du tout de cette oreille et voudrait exercer plus tard la passion de son père, à savoir l'étude de la faune et de la flore, profession à l'époque exclusivement masculine
On notera les observations que le personnage principal fait de la société à l'époque, du fait que les femmes ne sont jamais conviés à parler science, politique, économie, etc.. Qu'elles ne peuvent tout simplement rien faire sans l'autorisation de leur mari. On notera que cela n'a changé que dans les années 70, 1970...
Une lecture donc à conseiller aux adolescents, et adolescentes qui voudront frissonner et apprendre, et aux adultes, pour les mêmes raisons.
L’île aux mensonges
Frances Hardinge
Gallimard Jeunesse
lundi 14 août 2017
Le goût du bonheur - Tome 1 - Gabrielle
Résumé : Réunis dans leur résidence estivale de l'île d'Orléans, non loin de Québec, les Miller et leurs six enfants offrent l'image de l'harmonie et de l'aisance. La crise des années trente les a épargnés.
Chez eux, le goût du bonheur l'emporte sur les conventions et les préjugés d'une société paroissiale et étouffante. Comblée par un mari intelligent et sensuel, Gabrielle aspire à encore plus de liberté, prête à la révolte. La tendre et violente Adélaïde, sa fille, est déchirée entre sa tendresse pour le jeune Florent et sa passion pour l'Irlandais Nic McNally.
Partout, alors que la rumeur de la guerre enfle en Europe, s'annoncent des orages du cœur, des menaces, des trahisons, la maladie. Mais rien ne semble pouvoir briser le courage et l'énergie vitale des Miller.
T'en as pensé quoi ? Cela faisait fort longtemps que je n'avais pas lu de saga familiale. Sur fond d'histoire du Québec et plus généralement d'histoire mondiale (nous sommes dans l'entre deux guerres), chaque personnage de cette famille (de sang ou étendue) prend sa place et se bat avec son destin.
Beaucoup porté sur la description, ce roman pourrait être adapté au cinéma, j'ai d'ailleurs pensé aux film Légendes d'Automne (avec Brad Pitt et Anthony Hopkins notamment) en lisant ce livre. Les saisons défilent entre Montréal et Québec, entre la résidence principale et l'île où se retrouvent la famille pour les vacances. Chaque personnage voit son destin perturbé par les convenances de l'époque (se marier une fois l'âge venu pour les jeunes filles par exemple), mais aussi par le contexte historique (la montée de voix féminines pour les droits des femmes au Québec, le crack boursier de 1929 et la faillite qui a touché des milliers de personnes, la montée du nazisme en Europe et aussi au Canada, le début de la seconde guerre mondiale, Pearl Harbor).
Dans ce tome, on suit particulièrement Gabrielle, la mère de famille, qui elle même se bat entre ses opinions personnelles, sa foi, ses convenances, et ses envies de liberté. Très séduisante, elle fera tourner des têtes et n'apportera parfois pas toujours du bonheur autour d'elle.
Le premier tome fait plus de 800 pages, j'ai eu parfois un peu de mal avec certaines longueurs, mais l'auteure réussit à nous attacher aux personnages, et on souffre avec eux durant les différentes épreuves qu'ils traversent (et ils ne sont pas épargnés).
C'est une véritable saga familiale qui s'étale sur plusieurs années, et l'auteure laisse vraiment le temps aux personnages de changer, grandir, s'affirmer.
Le style est assez particulier, il n'y a pas de chapitre, le récit reste aéré mais cela peut dérouter au début. Cela permet d'être encore plus immergé dans l'histoire de cette famille, et d'avoir l'impression de les accompagner pendant leurs épreuves. Car la vie avec eux est parfois une épreuve, croyez moi.
Le goût du bonheur est parfois amère et difficile, il faut souvent bien le chercher, au fond, quelque part..
J'ai cependant trouvé la fin un peu expédiée, j'aurai aimé passer plus de temps avec certains personnages pour rentrer plus dans leur mental dans la période trouble qu'ils traversent et les accompagner vers leurs destins. Cependant, je n'ai pas encore commencé le tome 2 qui se consacre à Adélaïde, donc je me dis que si ça se trouve il s’enchaîne directement après la fin du premier.
On verra donc !
Le goût du bonheur - Tome 1
Marie Laberge
jeudi 10 août 2017
Rendez-vous au Cupcake Café
Résumé :
Issy est indéniablement douée pour la pâtisserie ! Ses collègues de la City se régalent chaque semaine des délicieux gâteaux qu'elle apporte au bureau. Elle tient ce talent de son grand-père qui a consacré sa vie entière à sa boulangerie. C'est à ses côtés, dans la chaleur des fournils, qu'Issy a grandi et appris les secrets des cupcakes moelleux.
Quand elle est brutalement licenciée, Issy décide de suivre son cœur et de se consacrer à sa passion pâtissière. C'est aussi pour elle une façon de rendre hommage à son grand-père dont la santé décline peu à peu... Mais ouvrir une boutique à Londres n'est pas de tout repos. La jeune femme découvre rapidement que de nombreuses personnes sont prêtes à lui mettre des bâtons dans les roues pour faire capoter son projet de Cupcake Café.
Avec pour seules armes sa volonté sans faille et ses précieuses recettes, Issy décide de se battre pour concrétiser son rêve.
T'en as pensé quoi ?
J'ai acheté ce roman sur mon lieu de vacances, en me disant qu'il allait me durer quelques jours vu qu'il est assez épais en grand format (499 pages). Il m'a duré trois jours !
Ce roman fait partie des lectures qui font du bien. L'histoire est simple mais fonctionne, on s'identifie au personnage principal et on vit avec elle ses mésaventures.
Le style est simple, cela facilite la lecture, même si cela pourra choquer certains qui auront l'habitude de romans plus profonds, plus construits. Ce n'est pas ce qu'on recherche ici. Ici le seul but sera la détente, la romance, les histoires de famille, et...La pâtisserie !
Je recommanderai ce roman et ceux de l'auteur en général pour reprendre goût à la lecture après une panne ou pour se changer les idées quand le reste ne tourne pas rond autour de vous.
Ouvrir un livre pour se changer les idées, ça fait tellement de bien !
Rendez-vous au Cupcake Café
Jenny Colgan
499 pages
Edition Prisma
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